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Gouvernance
inter espèces

(mots clés : défense du vivant, inclusion du vivant non-humain, environnement, nature, ressources, écosystèmes, droits de l’environnement, etc.)

Au moment de la confédération du Canada en 1867, seuls les hommes âgés d’au moins 21 ans qui étaient sujets britanniques et remplissaient des conditions strictes de propriété ou de revenu pouvaient voter. Aujourd’hui, la majorité des personnes ayant un statut de citoyenneté de 18 ans et plus peuvent voter.

Malgré ces avancements, la grande majorité des êtres vivants sont trop rarement représentés dans nos décisions; on est peut-être 9.1 millions d’humains, mais on est aussi des milliards d’êtres vivants interdépendants à se partager quelque 1,7 million de kilomètres carrés au Québec.

La gouvernance inter espèces vise à inclure davantage le vivant plus qu’humain (espèces, écosystèmes, rivières, forêts) dans les processus décisionnels, afin de garantir leur droit à exister et à prospérer aux côtés des humains. Cette approche propose de renouveler notre conception de la démocratie pour y intégrer les voix du vivant par divers mécanismes.

Personnalité juridique et droits reconnus à une entité vivante plus qu’humaine

Rivière Magpie/Muteshekau Shipu, Québec

Problématique

Menace directe d’exploitation industrielle sur une rivière d’importance culturelle et écologique, sans statut protecteur suffisant.

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Retombées

Une résolution a été adoptée par la MRC de Minganie et la Nation innue pour reconnaître à la Magpie le droit d’exister, de maintenir sa biodiversité, et d’être représentée par des « gardiens » : première reconnaissance légale de ce genre au Canada, alliant droit autochtone et droit municipal.

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Défi

La reconnaissance reste restreinte en droit fédéral et provincial. L’efficacité dépendra de la capacité des institutions à respecter ce statut dans les conflits d’utilisation et à protéger les défenseurs du vivant, de plus en plus menacés sur le plan international.

Empreinte de biodiversité des institutions financières (BFFI)

ASN Bank – Pays-Bas

Problématique

Les établissements financiers et les investisseurs ne prenaient pas en compte l’impact de leur portefeuille sur la diversité biologique, ce qui a accidentellement contribué à la disparition d’écosystèmes.

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Retombées

ASN Bank est devenue la première banque à calculer l’empreinte biodiversité de ses investissements ; en 4 ans, elle a réorienté près de 20 % de ses actifs vers des projets à impact positif démontré. L’outil développé (BFFI) est désormais adopté par plusieurs institutions européennes.

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Défi

Après l’intégration dans le cadre juridique d’une méthodologie standardisée à l’échelle internationale, le défi demeure maintenant de vérifier sur le terrain si la réorientation des flux financiers se traduit par des gains mesurables de biodiversité.

Fiducie écologique de reboisement 

Fiducie l’Emprise, Canada

Problématique

Il existe peu de modèles permettant de restaurer les terres polluées ou dégradées sur le long terme, surtout dans un contexte de responsabilité civile et financière complexe.

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Retombées

Création d’un mécanisme de fiducie foncière ou écologique spécifiquement dédié à l’achat, la sécurisation, puis la restauration (par reboisement ou génie écologique) de terrains pollués, et l’implication d’acteurs communautaires, philanthropiques et environnementaux dans la gouvernance et la gestion.

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Défi

Forcer une imputabilité historique liée à la dégradation de chaque terre et mobiliser assez d’investissements pour sécuriser la propriété foncière à long terme.

Journalisme d’enquête environnementale hyper-local

Midwest, États-Unis

Problématique

La reconnaissance reste restreinte en droit fédéral et provincial. L’efficacité dépendra de la capacité des institutions à respecter ce statut dans les conflits d’utilisation et à protéger les défenseurs du vivant, de plus en plus menacés sur le plan international.

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Retombées

Après la relance d’un média régional, le Midwest Center for Investigative Reporting, des enquêtes locales ont révélé des abus dans la gestion de l’eau, des impacts sanitaires liés à des polluants, et permis une réduction des coûts municipaux via des actions correctives ; implication accrue des citoyen·ne·s et élu·e·s dans les débats publics.

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Défi

Au Québec, comme aux États-Unis, la concentration des médias amène une uniformisation et une « montréalisation » de l’information, rendant difficile la couverture fine des problématiques locales et la démocratisation réelle des savoirs.

Argent inter espèces

Tehanu + Interspecies Money, Rwanda

Problématique

Les banques et investisseurs n’évaluaient pas l’impact de leurs portefeuilles sur la biodiversité. Elles ont désormais l’obligation de prendre en compte les conséquences sur la biodiversité (en plus du climat) de leurs activités.

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Défi

Passer d’un projet symbolique à une pratique régulière et éthique, éviter la récupération humaine et garantir l’autonomie des espèces représentées.

2028 / FICTIF

Instauration d’un supra-ministère pour l’équité intergénérationnelle et 
inter-espèces

Ce supra-ministère fait suite à la reconnaissance juridique de la nature dans la nouvelle Constitution des nations du Québec entérinée après un processus co-créatif sans précédent de 22 mois.

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Défis

L’un des enjeux les plus préoccupants des dernières années est l’effritement démocratique en ce qui a trait aux responsabilités environnementales, même dans les mécanismes existants. Il existe des écrans de fumée législatifs de plus en plus utilisés pour limiter la prise en compte des enjeux écologiques, généralement au service des industriels et contre les populations locales (Loi C-5 sur les projets d’intérêt national, modifications aux processus d’évaluation pour Northvolt, etc.).

Ces intérêts industriels (miniers, forestiers, pétroliers) dominent souvent les décisions, menaçant l’intégrité des écosystèmes et marginalisant la sagesse autochtone. Les droits liés à l’environnement s’effritent : faible accès à l’information, consultations superficielles, recours judiciaires difficiles ou très limités et pollution chronique sans réparation véritable (ex. déversements miniers ignorés par les autorités).

Pourtant, une majorité écrasante (81%) de la population québécoise soutient l’action climatique.

Questions clés pour le futur

  • Comment assurer que le vivant non humain soit efficacement représenté et entendu dans les mécanismes de gouvernance (diplomatie du vivant) ?
  • Quels indicateurs de vitalité du vivant devraient être suivis par les institutions publiques et mobilisés dans les décisions ?
  • Quels leviers pour rendre l’accès à la justice environnementale plus simple et équitable pour tous ?
  • Comment dépasser la logique extractive pour une vision de l’économie qui demeure forte, mais qui puisse inclure une approche au territoire fondée sur le respect des limites de capacité de support des écosystèmes ?